Le territoire de Bordeaux-Cartierville – Saint-Laurent constitue un milieu de vie contrasté, tant au plan urbain que sociodémographique. Géographiquement, ce territoire est situé dans la partie ouest du centre-nord de l'Île de Montréal. Au plan municipal, il correspond à l'arrondissement Saint-Laurent et au secteur Cartierville de l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville. Il s'agit d'un des territoires de CSSS montréalais les plus vastes à Montréal qui compte 142 170 résidents répartis entre les secteurs Saint-Laurent et Bordeaux-Cartierville (recensement 2011). Le taux d'accroissement de la population entre 2006 et 2011 est le plus élevé parmi les territoires de CSSS montréalais (+8,2 %).  Selon les projections statistiques, d'ici 2019, la plus importante hausse de population se fera chez les 65 ans et plus (+23,2 %).

Les caractéristiques de la population

Les principales caractéristiques de la population de Bordeaux-Cartierville-Saint-Laurent sont :

  • Une population immigrante à 50 %, dont 13 % d'immigration récente (Montréal, respectivement 31 % et 7,5 %)
  • Une forte croissance du nombre d'enfants de 0 à 5 ans entre 2006 et 2011 (+21,1 %)
  • Une vulnérabilité marquée des enfants de 4 ans dans au moins un domaine de maturité scolaire (41,6 %)
  • Une proportion plus grande des jeunes de 6 à 17 ans à vivre dans une famille bénéficiant de l'assistance-emploi (15,1 %) que les résidents de l'Île de Montréal de leur âge (12,4 %)
  • Une faible proportion de personnes vivant seules (12,6  % contre 18 % sur l'Île de Montréal) 

La dynamique des réseaux sur le territoire de Bordeaux-Cartierville–Saint-Laurent

Le CSSS de Bordeaux-Cartierville–Saint-Laurent regroupe deux secteurs de CLSC. Près de 37,4 % des résidents vivent dans le secteur Bordeaux-Cartierville (12 km2) et 62,6 % dans le secteur Saint-Laurent (43 km2). 

Bordeaux-Cartierville

Le développement communautaire, entrepris il y a une vingtaine d'années, permet au secteur Bordeaux-Cartierville de jouir d'un réseau bien implanté comptant environ une trentaine d'organismes communautaires. Toutefois, ceux-ci sont fragilisés par l'insuffisance du financement à la mission qui les rend tributaires d'un financement par projets.

La structure de concertation du secteur de Bordeaux-Cartierville comprend la table intersectorielle et multi-réseaux, nommée Conseil local des intervenants communautaires (CLIC). Outre la Table centrale, ont y retrouve trois tables sectorielles (aînés, jeunes et employabilité), des comités en lien avec les projets et démarches collectives, des comités de travail/suivi ainsi que des comités de citoyens qui animent les réseaux du milieu. La Table centrale, le CLIC Bordeaux-Cartierville compte soixante membres, dont la quasi-totalité des organismes communautaires, des institutions et des élus du quartier et des citoyens. Le CLIC Bordeaux-Cartierville chapeaute actuellement deux projets novateurs : le projet Places en mouvement (Place l'Acadie) et la démarche de revitalisation urbaine intégrée du secteur Laurentien/Grenet. La Table de concertation jeunesse gère le projet Un milieu ouvert sur ses écoles.

Saint-Laurent

Autrefois qualifiée de ville riche, Saint-Laurent a vu sa population augmenter considérablement au cours des dernières décennies, mais aussi s'appauvrir. Malheureusement, le développement communautaire n'a pas suivi et une vingtaine d'organismes communautaires desservent actuellement la population. Bien que plusieurs de ces organismes soient peu financés, certains arrivent à se positionner comme des leaders.

La concertation y est animée par une Table centrale, le Comité des organismes sociaux de Saint-Laurent (COSSL). La cinquantaine de membres du COSSL proviennent des milieux communautaire, public et parapublic. Le COSSL fonctionne avec des comités sectoriels qui interviennent auprès de clientèles spécifiques ainsi que sur des problématiques particulières tels que les aînés, les femmes, les immigrants, la petite enfance (0-5 ans), les enfants (6-12 ans) et les jeunes (12-15 ans) et la sécurité alimentaire. La structure démocratique du COSSL permet aux acteurs laurentiens de trouver des solutions collectives à des problématiques sociales. Ainsi, divers projets sont présentement en chantier comme la démarche de revitalisation urbaine intégrée dans les secteurs Place Benoît et Chameran-Lebeau, le Carrefour laurentien de solidarité alimentaire et la Maison de l'enfance. Le COSSL s'est aussi doté d'une planification stratégique pour 2009-2011 qui se structure autour des enjeux suivants : la lutte à la pauvreté et l'exclusion sociale; la consolidation et le développement des initiatives jeunesse et de services pour les aînés; l'appui pour des services intégrés en santé mentale; le renforcement de l'action communautaire et de la concertation. Deux axes prioritaires ont également été identifiés : l'amélioration des relations interculturelles et l'intégration des immigrants ainsi que l'approche par quartier.

 

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