Des systèmes complexes pour répondre aux problèmes complexes

Nous vivons aujourd'hui dans une « société en réseaux ». L'action et l'intervention sociales en réseau interprofessionnel, inter-organisationnel et intersectoriel est de rigueur, voire souvent un passage obligé dans le secteur public. Le partenariat ARIMA est un réseau de chercheur.es en sciences sociales et d'acteur.trices des secteurs public et communautaire, situés sur 6 territoires ou régions administratives au Québec, qui se penche sur l'injonction à l'action en réseau dans le domaine social, tout en favorisant le développement de pratiques efficaces et transformatrices face aux problèmes sociaux complexes.   

  • Est-ce que l'action en réseau inter-organisationnel et intersectoriel est toujours la meilleure stratégie dans le domaine social? À quelles fins et dans quels cas est-il réaliste de penser à l'action en réseau?
  • Quelles conditions faut-il mettre en place en amont pour assurer la réussite des interventions en réseau?

 
Depuis les dernières décennies, d'importantes transformations sociales sur les plans de la démographie, de la famille et du travail ont bouleversé les régimes d'intervention sociale en place dans les pays occidentaux. On a ainsi été témoins de réformes répétées afin de s'adapter à des défis d'émergence relativement récents et de plus en plus complexes, comme la précarité chez les jeunes, l'exclusion et l'intégration sociale des immigrant.es, le vieillissement de la population et l'essor des maladies chroniques et des problèmes de santé mentale. Pour mettre en œuvre leurs programmes d'intervention face à ces défis, les décideur.euses, gestionnaires et praticien.nes des secteurs sociaux sont appelés à travailler en réseaux, de façon interdisciplinaire et intersectorielle. Ainsi, l'articulation de structures, de logiques et de cultures divergentes devient en soi une nouvelle complexité à laquelle ces acteur.trices doivent participer, tout en assurant l'efficacité et la qualité du lien avec les personnes et les collectivités.

  • Qu'est-ce que nous pouvons apprendre des groupes de citoyen.nes vivant des situations de vie complexes, qui correspondent mal à la structure des interventions en silo?
  • Comment créer la synergie au sein de tels réseaux, de manière à favoriser l'innovation sociale et à éviter des réunions qui ne mènent nulle part?

 
Quant aux personnes dans leur milieu de vie, elles doivent naviguer ces réseaux d'intervention de plus en plus complexes lorsqu'elles recherchent un soutien communautaire ou professionnel à leurs efforts quotidiens pour rencontrer leurs propres besoins ou pour venir en aide à leurs proches. On peut se permettre d'explorer alors tout ce qui se passe dans ses espaces frontaliers où se rencontrent les personnes et les systèmes. Certains acteur.trices – citoyen.nes, professionnel.les, organisations et institutions – s'organisent pour prendre en main les enjeux complexes auxquels font face leurs communautés en participant à des réseaux locaux de gouvernance ou d'action collective visant l'amélioration des conditions de vie des citoyen.nes.  

  • Qu'est-ce qui se passe réellement au sein des espaces frontaliers entre les milieux de vie et les systèmes de soutien institutionnels, où se négocie le rapport entre les besoins et les réponses ?
  • Quelles sont les nouvelles compétences qu'il faudrait assurer, auprès des intervenant.es et des populations, pour qu'ils fonctionnent bien « en réseau » et « face aux réseaux » ?

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